La guerre, le sacrifice de soi et la vengeance monteront sur scène, ce soir, au Cinéma Théâtre de la Ville. Il ne s’agit pas d’un film de Quentin Tarantino, mais de la reproposition d’un des chef-d’oeuvres de Euripide,“Ecuba”, présenté à l’intérieur de la révue théatrale 'Scenario sensibile', organisée par la compagnie 'Envers teatro' en collaboration avec la Commune d'Aoste.
Au centre de l’intrigue, une femme, reine déchue de Troie, dont la voix, et les gestes estrèmes, s’élèvent au dessus d’un horizon plongé dans la violence, et réclament justice face à l’indifférence ou à l’impuissance des lois des hommes et des dieux.
La tragédie d’Euripide revit sous la régie de Daniela Ardini, qui dirige sur scène la compagnie ‘Lunaria’ de Gène.
Dans les jours qui suivent la prise de la ville de Troie par les grecs, Hécube, l’épouse du roi Priam, interprétée par Mariella Lo Giudice, est visitée, dans le sommeil, par le phantome de son fils Polydore, égorgé par Polymestor, roi des Thraces, auquel elle l’avait confié.
Quand elle se réveille le cœur des femmes lui apprend que sa fille, Polyxène, va etre sacrifiée sur le tombeau d'Achille. Quant à son fils le plus célèbre, Hector, il a été déjà tué auparavant par Achille lui-même.
Hécube pense donc à se venger du roi Polymestor, en appliquant à sa façon une sorte de ‘loi du talion’. Elle attire l’ennemi et ses deux fils dans un guet-apens, fait aveugler le premier et égorge de ses propres mains les deux petits.
Le chefs grecs, qui doivent juger son acte brutal, convaincus par son plaidoyer, lui donnent raison contre la victime, Polymestor, et établissent la suprématie des lois sur l'ignominie des vainqueurs.