“Dieu est timide” di Jocelyn Charles (Francia, 2025, 16’) ha vinto il premio della Giuria Giovani Francofona del Bref International Short Film Festival che si è tenuto in Plus dal 22 al 26 aprile.
I giurati hanno assegnato il premio SuperBref a “L’arte della bandiera bianca” di Riccardo Pittaluga (Italia, 2025, 5’) e una menzione speciale a “Cottage Cheese” di Liina Luomajoki, Lena Metzger, Janina Müller e Alice Kunz (Svizzera, 2024, 5’).
La Giuria, composta dagli italiani Antony Lucia, Alessia Blanc, Kristel Hida e Vittoria Abrate, dai canadesi Camélia Vienneau, Gabriela Blaise-Fronteira e Yohan Perron, dai francesi Olympe de Saint-André e Thomas Cochennec, dalla svizzera Romane Laufer e dalla belga Estelle Chauvier ha vissuto il festival organizzato dall’associazione Aiace VdA per cinque giorni, visionando tutti i film in concorso e partecipando a corsi formativi coordinati da Sara Colombini.

Tra le attività proposte, un workshop dedicato alla comunicazione social di eventi come i festival del cinema, con un focus particolare sull’utilizzo dei social, dalle stories ai reels, in collaborazione con la redazione di AostaSera e incontri dedicati alla scrittura critica cinematografica insieme ai critici Caterina Bogno di FilmTv, Carlo Griseri di cinemaitaliano.info e Giada Sartori di Birdmen Magazine e Filmaltrove.
“Dieu est timide” di Jocelyn Charles (Francia, 2025, 16’): Premio giuria giovani francofona
La catégorie creepshorts de la compétition internationale nous propose un voyage en train à travers les peurs de l’enfance. Dieu est timide de Jocelyn Charles est une échappée haute en couleurs directement dans les plus grandes peurs des deux protagonistes, Ariel et Paul.
Le point de départ est d’une simplicité désarmante: dans un train lancé à toute vitesse, Ariel et Paul s’amusent à illustrer leurs plus grandes frayeurs. Dans le même temps, une étrangère monte à bord et s’invite dans leurs confidences. Ce qu’elle leur partage dépasse leurs jeux d’enfants. Le film surprend par ses contrastes: des couleurs vives valsant avec des visions cauchemardesques et des détails faisant pâlir les ombres. C’est d’ailleurs une conviction que le réalisateur défend avec honnêteté; l’horreur psychologique est un genre véritablement capable d’ajoute une couleur nouvelle à la palette d’émotions du spectateur. Voilà un film qui nous connaît intimement l’art de montrer pour nous faire réfléchir. L’histoire est un long rêve qui se ressent plus qu’il ne se raconte. Dieu est timide nous à bercé dans l’enchaînement de ses symboles, dans l’onirisme de ses images et dans la grande poésie de sa scène finale.
Comme si assis dans ce train avec eux, nous sommes autant transporté par le visage si familier de la terreur, que nous sommes envoûtés par la fluidité de ses dialogues. Ce court embrasse le mystère et le symbolisme jusqu’à flots. C’est une alliance de ses thèmes et de ces récits convergents qui attise la curiosité du public. On assiste à un début cinématographique vertigineux porté par une animation frénétique et attentive aux détails ne s’apparentant à rien d’autre dans la compétition internationale.
“L’arte della bandiera bianca” di Riccardo Pittaluga (Italia, 2025, 5’): Premio SuperBref al miglior film di durata inferiore ai cinque minuti
Jusqu’à quel point les classes dirigeantes sont prêtes à sacrifier pour la paix? Le court-métrage L’arte della bandiera bianca du réalisateur italien Riccardo Pittaluga tente de répondre à cette question.
Des politiciens italiens peinent à s’entendre sur la prise de position à adopter pour une banderole officielle sur la situation à Gaza. Même s’il explore un contexte italien contemporain, son histoire et sa démarche peuvent faire écho à tous les discours politiques occidentaux. Alors que la banderole est originalement très explicite et engagée face à la libération de Gaza, elle sera diluée par les discours toujours plus neutres et vagues des politiciens, jusqu’à perdre son message et devenir complètement blanche. Le film est construit autour d’une structure simple qui oppose deux types d’images: celles des divers politiciens et celle fixe de la banderole, victime de perpétuels changements. Ces deux images sont très sobres, sans direction artistique ni mise en scène complexes, pour ainsi conserver l’attention des spectateurs sur les dialogues et les mots évocateurs sur la banderole. Malgré cette approche, les vraies forces du film, mises de l’avant par ces choix esthétiques, sont plutôt le montage et l’écriture des dialogues.
En effet, le montage permet un enchaînement de tableaux brefs qui créent un rythme constant et hypnotisant, se suivant efficacement pour mieux accentuer la tension. De plus, cette constance du découpage est soulignée par la répétitivité des scènes et des dialogues, illustrant l’absurdité de toute cette procédure.
Ensuite, les dialogues politiques flous s’enchaînent de manière à mettre à distance la construction de tels discours et créer une saturation du spectateur face au vocabulaire politique mensonger et officieux. La maîtrise des dialogues permet donc une critique forte de ces discours raisonnant souvent trop peu avec le peuple.
Ainsi, par l’absurdité soulignée par sa structure et la manipulation des discours politiques habituels, le conflit Israélo-palestinien est exploité en raison de son actualité, mais tente plutôt de critiquer la lâcheté face aux prises de position pouvant entourer toute situation. Le drapeau blanc est alors un symbole de l’engagement que sont prêts à avoir les politiciens, alors que leur comportement individualiste leur permet de se réfugier derrière la neutralité et ainsi éviter toute critique.
L’humour cynique du court-métrage lui permet d’être direct et confrontant face à des questions actuelles très pertinentes. De plus, il parvient à aborder ces thématiques complexes et à les déconstruire dans un très court laps de temps. Enfin, son aspect de résistance face aux structures de pouvoir s’inscrit habilement dans les thèmes du festival Bref.
“Cottage cheese” di Liina Luomajoki, Lena Metzger, Janina Müller e Alice Kunz (Svizzera, 2024, 5’): Menzione speciale

Qui il link per vedere il cortometraggio: https://vimeo.com/999849702 (password: 3ba2024cc)
Une jeune femme passe aux toilettes et s’aperçoit qu’il y a un dépôt grumeleux inhabituel dans sa culotte. Existe-t-il un lien entre cette matière non identifiable et l’irritation qu’elle ressent à l’intérieur d’elle-même?
Au lieu de rester dans l’incompréhension et l’ignorance, elle décide de mener l’enquête afin de soulager cette douleur. La protagoniste décide alors de littéralement voyager à l’intérieur d’elle-même. Elle est absorbée par son propre corps.
Les parties intimes se transforment en un rideau de scène; on entend le bruit d’une batterie entraînante: l’aventure va commencer!
Cottage Cheese est un voyage dans l’intimité féminine, dans toutes ses formes, des plus physiques aux plus psychologiques. Le parcours que la protagoniste traverse en elle-même ressemble à un voyage initiatique, un passage nécessaire pour redécouvrir son corps, sa féminité et sa confiance. On se retrouve alors immergé à l’intérieur de cette jeune femme. Avec elle, on découvre et on explore chaque recoin, texture et couleur, jusqu’à ce qu’elle trouve la source de son dérangement. Défilent alors une variété de sensations et de sentiments: la peur, la curiosité, le dégoût et la honte.
Petit à petit, l’inconfort et la menace que représente cette substance étrangère laissent place au sentiment de honte qui ronge la protagoniste. Celle-ci cauchemarde que le dépôt va s’emparer de tout son être, faisant d’elle un monstre.Ici, les apparences rarement représentées sont au centre. Le corps de la femme n’est pas hypersexualisé ni omniprésent pour satisfaire et répondre aux attentes d’un regard masculin: il est authentique. Dès le premier plan, l’intimité corporelle occupe une place centrale.
La caméra adopte le point de vue de la culotte, et la colorimétrie de l’animation reflète le rose et le vert présents chez la jeune femme: la palette de couleurs utilisée rappelle sa personne et son état d’âme. Le thème de la honte, qui finit par prendre le dessus sur la douleur, devient central à la fin du voyage. Cet ennemi semble visible par tous, représentant alors une violence qui s’empare de son corps sans permission, s’étendant et s’accrochant à elle.
Le voyage s’arrête et elle se retrouve sur le carrelage de la salle de bain. Ce qu’elle a dans sa culotte est normal. Il y a d’ailleurs une crème qui peut l’aider: le dépôt va disparaître, ce n’est rien d’alarmant. D’ailleurs, cela ressemble à du fromage frais.
ll progetto del Jury jeunes francophones è stato organizzato con Alliance Française de la Vallée d’Aoste, in partnership con Film Commission VDA, AostaSera, FilmTV, Cineforum, Cinemaitaliano.info, Birdmen Magazine, Filmaltrove; con il patrocinio dell’Università della Valle d’Aosta – Université de la Vallée d’Aoste.
